mardi, 28 décem­bre 2010 15:10

Deux fois MOF

Des artistes au feu sacré

Guy Pen­danx, fer­ronnier d’art de renom, a trans­mis son ate­lier à Philippe Provost, un autre passionné.

C’est depuis des siè­cles la même his­toire sim­ple : l’homme, la matière, le feu. Tou­jours les mêmes images de l’artisan-artiste, au regard con­cen­tré, le vis­age éclairé dans sa forge, qui dompte le fer pour le tor­dre, le vriller avec la légèreté de l’art. Image de Philippe Provost aujourd’hui, image de Guy Pen­danx hier dans le même ate­lier de Pouil­lon. Les deux hommes exposent leurs œuvres jusqu’à la fin de l’année dans une des cabanes du vil­lage des arti­sans au Grand Mail à Saint-​Paul –lès Dax. Une vit­rine excep­tion­nelle pour un métier ances­tral érigé en art et pour lequel les deux hommes s’accordent à dire : « Dans cette spé­cial­ité, il faut faire par­tie des tout meilleurs pour en vivre. »

Deux fois MOF

Pen­dant des décen­nies, Guy Pen­danx a fait par­tie de ceux-​là. Couronné par deux prix de Meilleur Ouvrier de France (en 1994 en fer­ronnerie d’art et en 2007 dans la spé­cial­ité « métiers de la forge »). Son entre­prise a obtenu le label EPV (entre­prise du Pat­ri­moine vivant). Ce label récom­pense les entre­prises détenant un pat­ri­moine économique com­posé en par­ti­c­ulier d’un savoir-​faire rare, reposant sur la maîtrise de tech­niques tra­di­tion­nelles ou de haute tech­nic­ité et cir­con­scrit à un territoire.

La rampe de l’escalier du Ritz pour ceux qui l’auront caressée : c’est lui. Lui encore ces pièces uniques pour la col­lec­tion de mobilier du cou­turier Paco Rabanne. Lui tou­jours des por­tails de demeures célèbres, des bal­cons… Son renom lui a valu les com­man­des publiques et privées les plus pres­tigieuses. Ainsi, il a réal­isé la rampe d’escalier de l’ancienne fau­con­nerie du château de Ver­sailles, restauré le por­tail mon­u­men­tal du château de Peyre­ho­rade ou celui de la mai­son de Racine, à La Ferté-​Milon. À la demande du chef Michel Guérard, il a fab­riqué pour le restau­rant des Prés d’Eugénie deux vasques en laiton poli ; et pour le château du comte de Bil­bao, il des­sine et exé­cute un por­tail mon­u­men­tal… Et puis encore cette col­lec­tion de chaises uniques pour un émir. Le sou­venir de cet apparte­ment parisien, laisse encore notre maître fer­ronnier sans voix. Son métier, son art, pour­rait aussi se racon­ter à tra­vers des ren­con­tres mar­quantes. Parmi les plus récentes : il cite le designer Mat­tia Bonetti, qui expose à New York et Tokyo. Une ren­con­tre parmi des cen­taines d’autres.

Trans­mis­sion

Quand l’heure est venue de « passer la main » et que l’on a vécu une telle car­rière pro­fes­sion­nelle à se bat­tre aussi pour la qual­ité de for­ma­tion, dif­fi­cile de laisser s’éteindre la petite flamme. Philippe Provost (Photo à droite) cher­chait à créer ou à repren­dre un ate­lier, quand il a vu l’annonce de Guy Pen­danx sur le site de la Cham­bre de métiers. Les deux hommes se sont ren­con­trés et l’entente entre eux a été immédiate.

Pen­dant deux ans, Guy l’a accom­pa­gné dans la trans­mis­sion de son entre­prise. « Je lui ai apporté mon savoir-​faire mais cela a été surtout un échange. Lui aussi m’a apporté des tech­niques nou­velles. C’est un homme d’une très grande com­pé­tence. » Philippe qui a passé la pre­mière par­tie du con­cours de Meilleur Ouvrier de France tra­vaille sur le sec­ond volet du con­cours. Ce titre con­sti­tu­ant tou­jours une référence dans le métier.

Guy Pen­danx, on s’en doute bien, n’a évidem­ment pas livré sa dernière œuvre. Aujourd’hui, il peut à loisir cul­tiver son jardin secret : ses sculp­tures, véri­ta­bles œuvres d’art, dont cer­taines prêtées par leurs pro­prié­taires col­lec­tion­neurs, étaient exposées au Grand Mail.

Reste le grand pro­jet qui l’anime : créer le pre­mier musée de la forge et de l’outil qu’il veut installer à Pouil­lon. Depuis plus de vingt ans, il est resté sen­si­bil­isé à la dis­pari­tion de beau­coup d’ateliers ruraux et urbains, d’un pat­ri­moine de tra­di­tion sécu­laire, d’un savoir-​faire… D’où son désir d’être le fer de lance de l’avènement du pre­mier musée vivant de la forge et de l’outil en France. Plusieurs mil­liers de pièces, out­ils et doc­u­ments, graphiques venant de toute la France, ont été réper­toriés et devront être con­servés dans cet espace.

Au-​delà du musée, il souhaite avant tout que ce lieu soit doté d’un cen­tre de for­ma­tion. Pour tout cela il lui faut réu­nir 7 mil­lions d’euros. Ce qui ne se trouve pas sous le sabot d’un cheval même par­faite­ment ferré. Mais Guy Pen­danx a acquis à l’épreuve du feu une volonté en acier trempé.

Lu 4379 fois Dernière mod­i­fi­ca­tion le dimanche, 08 février 2015 14:08

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