mer­credi, 22 juin 2011 14:00

L’armurier médaillé

Thierry Laloubère a obtenu le titre de Meilleur Ouvrier de France.

Thierry Laloubère, dans son ate­lier de la rue de la Ver­rerie, présente la crosse qui lui a valu le titre de Meilleur Ouvrier de France, caté­gorie mon­teur sur bois.
«J’allais à Bor­deaux pour acheter des armes. J’en ai eu marre, alors j’ai ouvert l’annuaire et suis venu ici. Cela fait qua­tre ans. J’en suis très sat­is­fait autant pour la qual­ité du tra­vail que des con­seils. » Cet habi­tant de Pouil­lon a eu le nez creux car il est désor­mais un des clients du Meilleur Ouvrier de France (MOF), dans la caté­gorie « mon­teur sur bois ». Une des spé­cial­ités de l’armurerie.

Mon père pos­sé­dait une armurerie à Haget­mau, j’y tra­vail­lais l’été. Ne sachant pas trop quoi faire, je me suis lancé. » Une bonne idée puisqu’il vient d’obtenir ce titre inter­na­tionale­ment reconnu. À 45 ans, Thierry Laloubère n’a qu’un mot : « soulagement ».

Un véri­ta­ble orfèvre

« C’est surtout mon entourage qui l’est, ce con­cours m’a obsédé pen­dant près d’un an », con­fesse l’artisan chalossais.

Passé par la pres­tigieuse école d’armurerie de Saint-​Étienne (300 deman­des pour 24 places), l’Hagetmautien effectue ensuite divers stages, dont cer­tains chez René Juyon à Lit-​et-​Mixe, égale­ment Meilleur Ouvrier de France. J’ai tou­jours voulu me per­fec­tion­ner, aller plus haut, confie-​t-​il.

En 2007, il tente sa chance une pre­mière fois au con­cours du Meilleur Ouvrier de France. La médaille lui échappe d’un rien. « J’y étais allé ne sachant pas trop à quoi m’attendre. Au final, j’ai raté le titre à cause d’une erreur qu’un jeune en CAP n’aurait pas faite. »

2011, nou­velle tentative.

C’est la bonne. Mais à quel prix… Durant toute la péri­ode précé­dant le jour fatidique de la finale, l’armurier est obsédé par son pro­jet. L’adjectif est même un peu léger. « J’ai dû réaliser une crosse avec une foul­ti­tude de détails imposés par un cahier des charges très pré­cis. Je pen­sais à mon tra­vail en per­ma­nence. » Après ses journées à l’atelier de la rue de la Ver­rerie, à Haget­mau, M. Laloubère peaufine son « œuvre » jusqu’à 3 heures du matin. Même le dimanche. « Dès que j’avais une idée, je me pré­cip­i­tais pour l’exécuter afin de ne surtout pas l’oublier », indique-​t-​il.

L’homme prévient même cer­tains de ses amis de ne pas lui ren­dre vis­ite durant cette péri­ode. « Je n’avais de temps à con­sacrer qu’à ça. Il m’est arrivé durant cer­tains repas d’être totale­ment absent », avoue-​t-​il.

Une fois le morceau de noyer brut sur lequel il s’est éch­iné enfin prêt, place à la con­fronta­tion avec le jury com­posé de MOF. « Les Bocuse de l’armurerie », comme il les surnomme. « Ils ne recherchent que les défauts. Le plus dur est d’ajuster du fer dans le bois sans le faire éclater, ça se joue au micron près », insiste-​t-​il. Armés de leur loupe, les mem­bres du jury ont scruté l’objet qua­tre heures durant.

« Ils m’ont demandé mon sen­ti­ment. Je leur ai sim­ple­ment dit : que je l’aie ou pas, une chose était sûre, je n’aurais jamais recom­mencé. » Thierry peut main­tenant savourer son suc­cès si dure­ment obtenu. Quand on voit le tra­vail d’orfèvre exé­cuté, on ne peut que le respecter.


Site inter­net : http://​www​.armurerie​-repa​ra​tions​-lalou​bere​.fr/

Lu 3348 fois Dernière mod­i­fi­ca­tion le dimanche, 08 février 2015 14:10

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