jeudi, 14 juil­let 2011 10:00

Guy Pen­danx, arti­san ferronnier

Le Maître des Forges

Chaque détail compte, il faut ren­dre la pièce plus vraie que nature (…). Il suf­fit de peu pour passer à côté de l’essentiel. Expert du XVI­IIe siè­cle, l’artisan fer­ronnier Guy Pen­danx hon­ore des com­man­des publiques et privées. Son ate­lier a été reconnu “Entre­prise du pat­ri­moine vivant”, et il s’apprête à ouvrir le pre­mier musée de la forge et de l’outil.

Guy Pen­danx, arti­san fer­ronnier­Guy Pen­danx se dit “aven­turier et poète”, mais il sait aussi garder les pieds sur terre.

Voca­tion, pas­sion, transmission

Ces trois mots résu­ment admirable­ment le par­cours de Guy Pen­danx. Prési­dent, depuis ce début d’année 2009, des métiers de la forge au Koweït, celui-​ci maîtrise avec vir­tu­osité les tech­niques tra­di­tion­nelles, défend la fer­ronnerie comme un arti­sanat de pres­tige et exerce sa pro­fes­sion comme un art.

Seules des pièces uniques et signées – por­tails, bal­cons, ram­pes d’escalier, per­go­las, lam­pes, chenets, con­soles… – sor­tent de son ate­lier, Les Forges de France, fondé en 1985 à Orthez et qui a obtenu en 2007 le label “Entre­prise du pat­ri­moine vivant”. Une recon­nais­sance d’importance pour cet apôtre de l’excellence, qui s’active avec générosité pour “la sauve­g­arde de ce mer­veilleux métier” parce qu’une “immense pas­sion l’anime”. Parmi ses pro­jets, l’ouverture prochaine du pre­mier musée vivant de la forge et de l’outil, qui verra le jour avec la com­plic­ité de la com­mune de Pouil­lon, où sont instal­lées ses trois forges.

Une clien­tèle internationale

Entre com­man­des de par­ti­c­uliers et réal­i­sa­tions publiques, les chantiers ne man­quent pas aux Forges de France. La mai­son Chaumet, Paco Rabanne et Pas­cal Mora­bito, entre autres, ont fait appel à Guy Pen­danx, qu’une clien­tèle inter­na­tionale s’arrache et qui ne doit sa bonne répu­ta­tion qu’au bouche à oreille. Ainsi, il a réal­isé la rampe d’escalier de l’ancienne fau­con­nerie du château de Ver­sailles, et celle de l’escalier d’honneur de l’hôtel Ritz à Paris, la restau­ra­tion du por­tail mon­u­men­tal du château de Peyre­ho­rade ou de celui de la mai­son de Racine, à La Ferté– Milon.

À la demande du chef Michel Guérard, il a fab­riqué pour le restau­rant des Prés d’Eugénie deux vasques en laiton poli ; et pour le château du comte de Bil­bao, il des­sine et exé­cute un por­tail monumental…

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C’est à sa mère que Guy Pen­danx doit sa voca­tion, et il s’en amuse : “enfant, j’étais assez gar­ne­ment”. Elle ne le lâche donc pas d’une semelle et l’emmène un jour chez le forg­eron, à deux pas de la mai­son famil­iale. Le petit Guy n’a que 7 ans, mais il est immé­di­ate­ment fasciné par le feu et la matière en fusion. Il décou­vre alors que le fer, qui lui résiste lorsqu’il joue, peut se tra­vailler en y met­tant les formes. “Je veux faire ce métier”, décrète-​t-​il ce jour-​là. Il fait son appren­tis­sage dans un ate­lier des Lan­des, dont le patron lui accorde sa con­fi­ance et le pousse à ten­ter sa chance à Paris. Guy Pen­danx sait tra­vailler le cuivre, l’étain, le fer, et gérer une équipe de 24 per­son­nes, mais les grands arti­sans de la cap­i­tale le snobent, excep­tées les Forges du Roy à Aubervil­liers, où il acquiert l’expérience artis­tique qui lui manquait.

La main guidée par l’esprit Mais “l’hostilité de la grande ville” le pousse, au bout d’un an et demi, à ren­trer dans le Sud– Ouest, “région de savoir-​vivre et de qual­ité de vie.” Guy Pen­danx s’installe d’abord à Orthez, avant de se replier sur Pouil­lon, dans les Lan­des, où il tra­vaille avec l’aide d’un apprenti. Il lui faut, avoue-​t-​il, “tout maîtriser”, et s’il accueille et forme régulière­ment des sta­giaires, il ne veut pas que “la fab­ri­ca­tion s’en ressente”.

La pen­sée qui vient au bout des doigts

Le métier de fer­ronnier appelle l’excellence et des fini­tions par­faites, comme la table d’un grand chef ou le tra­vail d’un cou­turier. “Chaque détail compte, il faut ren­dre la pièce plus vraie que nature avec la bonne courbe, la bonne ligne, le mou­ve­ment juste. Il suf­fit de peu pour passer à côté de l’essentiel.” Guy Pen­danx adore toutes les étapes de son tra­vail, mais admet une petite préférence pour celle du dessin, car “faire naître une oeu­vre” l’émeut pro­fondé­ment. C’est le tra­vail de la main guidé par l’intelligence de l’esprit, “un art de don­ner le coup là où il faut” et d’arriver à façon­ner “la pen­sée qui vient au bout des doigts.

Le Mozart de la forge Aujourd’hui, Guy Pen­danx est plus que jamais animé par la volonté de trans­met­tre son métier, ses secrets et ses con­traintes car, insiste-​t-​il, c’est très impor­tant de sus­citer de nou­velles voca­tions. Le niveau baisse en matière de savoir-​faire. Je tire la son­nette d’alarme, car il faut le main­tenir. D’où son engage­ment actif pour “sauver ce qui peut l’être” auprès des Meilleurs Ouvri­ers de France (MOF), dont il oublie mod­este­ment de pré­ciser qu’il a obtenu le titre en 1994 dans la caté­gorie Fer­ronnerie d’art puis, en 2007, dans celle des Métiers de la forge, métiers de l’industrie. “Ce n’est pas un aboutissement.

Chaque jour, on décou­vre quelque chose. C’est ça le piment, la valeur ajoutée au tra­vail”, com­mente ce spé­cial­iste du XVI­IIe siè­cle, pour qui les oeu­vres clas­siques n’ont plus de secrets, et dont un musi­cien de renom n’a pas hésité à dire qu’il était à la forge ce que Mozart était à la musique. Le tra­vail dont il est le plus fier ? Tou­jours le dernier en date. En ce moment, la porte qu’il façonne pour un client français. Il dit s’adapter à toutes les sit­u­a­tions et avoue rêver de tra­vailler avec Jean-​Paul Gaultier, dont il admire la créativité.

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