dimanche, 26 février 2017 17:30

Louis REY, MOF Chaudronnier

Témoignage

Je suis le Pays BELIN Aspi­rant Chau­dron­nier dit Auvergnat, itinérant à Mar­seille.Pour mon tra­vail de récep­tion, je m’inspire du tra­vail MOF de Mr REY Louis. Je prends con­tact avec lui et pars à sa ren­con­tre un week-​end à Bergerac.

rey001Voici son his­toire : « Je suis né le 30 Juin 1926 d’une famille nom­breuse orig­i­naire de Roanne. Je tente et réus­sis le con­cours de l’entrée à l’Arsenal comme apprenti. L’apprentissage était de 3 ans coupé de trois semaines de vacances seule­ment. Nous dépen­dions du min­istère de l’armement. La semaine était de quar­ante heures dont vingt-​cinq d’atelier. La cor­rec­tion du tra­vail était assez dure, chaque dix­ième en dehors de la cote valait un point donc deux mil­limètres d’erreur valaient zéro car nous n’avions que notre mètre pli­ant et notre moni­teur con­trôlait au pied à coulisse.

La moyenne du mois était douze et nous n’avions droit qu’a trois notes en dessous sur les trois ans. La pre­mière fois c’était aver­tisse­ment, la deux­ième c’était la con­vo­ca­tion chez le directeur, et la troisième fois c’était la porte. Per­sonne ne se plaig­nait de cette rigueur. Il faut dire que de tous les appren­tis de l’arsenal beau­coup ont ter­miné chefs ou dans l’enseignement et pour d’autres Meilleur Ouvrier de France.

J’ai com­mencé ma vie pro­fes­sion­nelle à l’arsenal et pour nous récom­penser de notre tra­vail, l’arsenal nous a payé un stage de deux semaines à Paris à l’Aluminium Français. Voulant me per­fec­tion­ner sur l’aluminium, je suis ren­tré dans une usine chim­ique en tant qu’ouvrier d’entretien où j’ai beau­coup appris pen­dant deux ans. Ensuite j’ai voulu con­naître l’acier inoxyd­able dans une autre usine où l’on fab­ri­quait des machines pour les tein­tureries. J’ai aussi beau­coup tra­vaillé chez les artisans.

Ensuite je suis venu dans l’enseignement. Un an au Puy en Velay, un an à Nantes puis cinq ans à Aubus­son avant de ter­miner ma car­rière à Berg­erac.
C’est ici à Berg­erac que j’ai beau­coup fait par­ticiper les élèves avec des travaux pour des indus­triels fab­ri­cants de portes iso planes, de per­si­ennes en leur faisant des ven­ti­la­teurs, des cyclones, des tuyau­ter­ies d’aspiration, des col­lecteurs d’aspiration sur les machines, des cuves pour machines à ven­dan­ger, etc.

C’est grâce à un ami Claude LEBRE­TON qui était MOF que je me suis décidé à me mesurer à cette épreuve que je ne con­nais­sais que de nom.louisrey
Après la prise de con­tact avec le com­mis­saire général du départe­ment, je reçois deux sujets, un en tôle épaisse et un en tôlerie, je choi­sis ce dernier.

Mon pre­mier tra­vail fut d’avertir les autorités : Chef de travaux et Directeur de l’école. Il en fut de même pour les col­lègues de tra­vail.

L’établissement me per­me­t­tait de pou­voir mener à bien cette épreuve. Mr le Recteur d’académie avait donné des con­signes afin que les can­di­dats puis­sent avoir accès aux ate­liers et aux machines dont on pou­vait avoir besoin et ceci aussi en dehors des heures de cours et même les jours de fer­me­ture de l’établissement et là j’en ai prof­ité le samedi et dimanche. Ayant un peu d’outillage chez moi, je tra­vail­lais à la mai­son à pré­parer les plans des out­ils que je devais me fab­ri­quer ou à faire usiner par les col­lègues. Mon ami Claude m’a con­seillé lorsque je ferai une par­tie un peu spé­ciale de la pièce, d’en faire plusieurs et de choisir la meilleure. Je choi­sis ce con­seil et je ne le regrette pas.

Je n’avais guère plus de deux ans pour livrer mon tra­vail et ce temps me fut bien néces­saire. Tout mon temps libre était occupé à ce chantier, au début je comp­tais les heures passées mais j’ai aban­donné aux alen­tours de qua­tre cents heures car j’oubliais sou­vent de mar­quer. Je devais, en rai­son des soudures imposées, garder au max­i­mum de l’épaisseur du métal et ça n’a pas été tou­jours facile. Mal­gré que je sache souder tous les métaux dans les procédés con­nus à l’époque, j’ai sou­vent reporté à plus tard pour une soudure un autre jour à cause du manque de forme. Il a été néces­saire d’innover pour le socle, la fix­a­tion de l’hélicoïde ainsi que les pieds. L’ensemble devait être livré poli ou sablé. J’ai choisi le damier car avec le poli le moin­dre défaut appa­raî­tra. Ce sys­tème de damier a été pour moi une épreuve très dure. J’ai recom­mencé trois fois mon tra­vail afin d’avoir des angles par­faits. Je ne me suis jamais senti découragé et prêt à tout laisser tomber, au con­traire, j’avais décidé de faire un tra­vail et mon devoir était de le ter­miner coûte que coûte.

Je suis con­tent de mon tra­vail, mais je regrette quand même d’avoir attendu, par manque d’information, d’avoir cinquante-​huit ans pour le faire. Avec dix ou vingt ans de moins ça m’aurait été plus facile et à ce moment-​là j’aurais pu ten­ter d’autres spé­cial­ités en chau­dron­nerie, métaux légers, cuivre ou acier inoxyd­able. Lorsqu’on a le titre on ne peut pas reten­ter dans la même spécialité. »

Ce fut une ren­con­tre hors du com­mun, un moment de partage inou­bli­able autant humaine­ment que pro­fes­sion­nelle­ment. Louis m’a beau­coup con­seillé pour la réal­i­sa­tion de ma future pièce et effacé plusieurs ques­tions et doutes. Il m’a aussi fait partager sa fièvre, ses moti­va­tions pour l’épreuve Meilleurs Ouvrier de France. Pour les plus motivés d’entre nous, il nous invite à con­courir, et de ne surtout pas atten­dre.
Merci à toi Louis pour ce témoignage et cet encouragement.

Pays BELIN Aspi­rant Chau­dron­nier dit Auvergnat

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